Quitter un CDI pour un contrat à durée déterminée est une opportunité pour un salarié de recevoir des allocations de chômage, ce qui lui permet de mettre en œuvre son projet professionnel plus tard plus détendu. Cet article contient quelques conseils pour aider les employés à éviter les erreurs qui pourraient les mettre dans une situation difficile.
Article invité par Raphaël BRIGUET-LAMARRE
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Pourquoi envisager de passer d’un CDI à un CDD ?
Abandonner un contrat à durée indéterminée pour signer un CDD. La décision semble, au premier regard, défier toute logique : qui irait troquer la stabilité de l’emploi contre la précarité supposée d’un contrat à échéance ?
En réalité, les motivations ne manquent pas.
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La première, et non des moindres, c’est la possibilité, une fois le CDD terminé, de percevoir des allocations chômage. Cela ouvre la porte à une période de transition plus sereine, si certaines conditions sont réunies, nous y reviendrons dans la suite de l’article.
Mais d’autres raisons existent. Un CDD peut permettre de tester un nouveau métier, d’explorer une voie professionnelle différente. Pour beaucoup, c’est la première marche d’une reconversion pensée et planifiée.
Enfin, certains visent un poste mieux rémunéré, accessible uniquement via un CDD. Le contrat temporaire devient alors une étape de test, un tremplin pour négocier un meilleur salaire ou décrocher un CDI ailleurs.
Chez Pose ta Dem’, l’objectif reste d’accompagner toutes celles et ceux qui traversent une transition professionnelle. Voici donc les étapes concrètes à suivre pour quitter un CDI et signer un CDD, tout en maximisant vos chances d’obtenir l’allocation de retour à l’emploi (ARE) après cette période.
Précisons : d’autres dispositifs existent pour sécuriser son départ, comme la rupture conventionnelle.
Premier conseil : Bien choisir la durée de votre CDD
Pour éviter les faux pas dans la sélection de votre futur contrat, vous devrez impérativement vous poser trois questions.
Combien de temps doit durer votre CDD ?
La date de fin de votre CDD, celle inscrite sur votre contrat, est considérée comme une perte involontaire d’emploi. C’est ce qui déclenche le droit aux allocations chômage, contrairement à une démission « classique ».
Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 relatif au régime d’assurance chômage, annexe A, art. 1
Cependant, il y a plusieurs points à surveiller :
- Seuls les contrats de 65 jours ouvrés minimum après votre démission ouvrent droit aux allocations chômage (décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, annexe A, article 4). Visez donc un CDD d’au moins 4 mois pour franchir ce seuil sans encombre.
- Vous devrez aussi justifier d’une période d’affiliation de 130 jours minimum, sur les 24 derniers mois, ou 36 mois si vous avez 53 ans ou plus à la rupture du contrat (décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, annexe A, art. 3).
Ne partez pas de votre CDI sans avoir sécurisé ces points !

Où chercher son prochain CDD ?
Postuler dans un secteur proche du vôtre facilitera la recherche, l’expérience rassure les recruteurs. Mais ce choix peut aussi servir de tremplin vers une nouvelle carrière : c’est l’occasion d’explorer un domaine que vous visez sur le long terme.
Vous êtes comptable, mais rêvez de devenir développeur web ? Acceptez un CDD dans une entreprise tech, même pour un poste d’assistant ou de support, pour mettre un pied dans ce nouvel univers.
Comment décrocher le CDD idéal ? Gardez vos ambitions pour vous
Je ne suis pas expert en recrutement, mais une chose revient souvent : il vaut mieux rester discret sur vos véritables projets lors de l’entretien.
De nombreux employeurs hésitent à embaucher quelqu’un qui annonce vouloir se lancer à son compte ou changer complètement de branche. Certains s’en accommodent, d’autres non. Adaptez votre discours sans mentir, mais sans tout dévoiler non plus.
Deuxième conseil : Caler sa démission en tenant compte du préavis
Dès que la décision est prise, il faut anticiper : la durée du préavis dépend de la convention collective et du poste occupé.
Pensez à vérifier :
- La durée exacte de votre préavis (souvent entre 1 et 3 mois).
- La possibilité de demander à votre employeur une dispense totale ou partielle de ce préavis, selon les usages de l’entreprise.
L’idéal ? Obtenir une promesse d’embauche en CDD avant d’annoncer votre démission. Cela limite le risque de vous retrouver sans filet entre deux contrats.
Que faire si le CDD démarre avant la fin de votre préavis ?
Deux options : négocier une dispense de préavis auprès de votre employeur (qui doit vous la confirmer par écrit), ou assumer de quitter votre poste avant la date officielle. Attention, dans ce cas, l’entreprise peut réclamer des indemnités devant le Conseil de Prud’hommes. En pratique, peu d’employeurs vont jusque-là, sauf préjudice avéré, surtout si vous avez déjà effectué une partie du préavis.
Avant de partir, sachez que beaucoup de conventions collectives accordent des heures d’absence rémunérées pour recherche d’emploi. Renseignez-vous, ces dispositifs sont parfois méconnus.
Troisième conseil : Ne pas rompre le CDD avant son terme
Vous venez de signer votre CDD. Tout semble bien engagé.
Mais un faux pas peut tout compromettre.
Rappelez-vous : pour ouvrir vos droits au chômage, vous devez aller au bout des fameux 65 jours ouvrés. En clair, il faut éviter :
- De mettre fin à votre période d’essai avant le terme prévu du CDD ;
- D’être licencié pour faute grave, ce qui priverait de la rupture « involontaire » nécessaire à l’ouverture des droits.
Quatrième conseil : Préparer la sortie du CDD
Le terme de votre contrat approche. Il est temps de concrétiser votre projet professionnel, tout en bénéficiant de l’indemnisation Pôle Emploi.
Dans certaines situations, il est possible de cumuler le statut d’auto-entrepreneur avec les allocations chômage. Une piste à explorer, selon votre plan de carrière.
Gardez cependant l’esprit ouvert : rien ne vous oblige à couper tous les ponts. Si rester dans l’entreprise à temps partiel vous intéresse, discutez-en avec votre employeur. Un contrat à temps partiel peut servir de filet de sécurité, à condition de ne pas exercer la même activité en indépendant, pour éviter tout conflit d’intérêt et respecter votre obligation de loyauté.
Voici, en synthèse, les étapes à suivre pour réussir ce virage :
- Choisir un CDD suffisamment long dans le secteur visé, pour garantir l’accès au chômage.
- Anticiper le délai de préavis, et viser une promesse d’embauche avant de démissionner.
- Rester irréprochable pendant la période d’essai et tout le contrat, pour éviter une rupture prématurée.
- Une fois le CDD terminé, engager les démarches pour obtenir l’ARE, et, si besoin, combiner cette indemnisation avec l’activité indépendante.
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Changer de cap n’a rien d’une fuite. C’est parfois la meilleure façon de reprendre la main sur son histoire professionnelle, et de découvrir, après une parenthèse calculée, un nouvel horizon à la hauteur de ses ambitions.

