120 jours. C’est la limite sèche qui s’impose à la location d’un logement entier, à Paris, quand il s’agit de votre résidence principale. Dépasser ce seuil, c’est s’exposer à des sanctions qui ne se discutent pas. Dans certaines communes, pas moyen d’échapper à la déclaration préalable en mairie : l’oubli se paie cash, parfois à coups d’amendes salées. Et si l’idée vous prend de transformer un appartement en meublé touristique, attendez-vous à devoir décrocher une autorisation officielle, parfois conditionnée à la création d’un autre logement pour compenser.
Les plateformes de réservation en ligne, elles, ne sont pas en reste : elles doivent communiquer aux impôts les revenus générés par les locations. La réglementation varie d’une ville à l’autre, selon la nature du bien et la durée du séjour. À cela s’ajoute la cadence effrénée des évolutions législatives, qui rendent la gestion des locations saisonnières de plus en plus technique.
Location saisonnière : un cadre légal en constante évolution
La location saisonnière ne cesse de se complexifier : la loi poursuit sa mue, chaque réforme affinant la surveillance, verrouillant les brèches et serrant la vis dans les grandes villes telles que Paris ou Marseille. La volonté affichée : poser un filet autour des meublés de tourisme pour ne pas sacrifier tout le parc locatif traditionnel.
Les dernières années témoignent de cette montée en puissance. La nouvelle loi location met la pression sur le moindre bailleur. À Paris, impossible de louer sa résidence principale plus de 120 nuits sur l’année. Mais ailleurs, le conseil municipal peut décider d’exiger un numéro d’enregistrement sur chaque annonce : sans ce code, l’annonce s’expose à une sanction immédiate.
Ce serrage de boulons ne s’arrête plus aux limites du périphérique. À Marseille, la location saisonnière passe sous la loupe, grâce à la loi MEUR qui donne aux mairies le pouvoir de vérifier la conformité de chaque location et le respect précis des quotas par quartier.
Dans de nombreuses villes, transformer un logement en meublé touristique ne se décide plus à la légère : il faut parfois décrocher une autorisation de changement d’usage et même, en guise de balance, créer un autre logement pour compenser chaque résidence classique transformée. Chaque commune module la régulation des meublés de tourisme à sa mesure, ajoutant sa propre couche de procédures ou de restrictions.
Quelles obligations pour les propriétaires en 2024 ?
Louer en saisonnier revient aujourd’hui à jouer à saute-mouton avec les démarches. Avant la moindre publication sur Airbnb, Booking ou Abritel, il faut un numéro d’enregistrement obtenu auprès de la mairie, obligatoire sur chaque annonce, sous peine de se retrouver avec 5 000 euros d’amende qui tombent, sans appel.
Autre impératif : surveiller strictement les 120 nuits annuelles autorisées sur la résidence principale. Les collectivités dotées du système d’enregistrement disposent d’outils de suivi qui ne laissent rien passer. Hors résidence principale ou pour les activités récurrentes de loueur en meublé, on exige souvent une autorisation de changement d’usage, notamment dans les métropoles sous tension comme Paris ou Marseille.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) n’est plus accessoire : chaque annonce doit préciser la performance énergétique du bien sous peine de sanction immédiate.
Voici les obligations majeures à maîtriser avant de se lancer dans la location saisonnière :
- Numéro d’enregistrement obligatoire et visible sur toutes les annonces
- Limite stricte de 120 nuits par an pour la résidence principale
- Autorisation de location préalable exigée pour les logements secondaires dans de nombreuses grandes villes
- Publication du DPE sur chaque annonce
La surveillance s’intensifie sur toute la ligne. Les amendes tombent sans relâche et les erreurs de procédure coûtent cher. Garder un œil sur chaque détail administratif, c’est aussi protéger son investissement et sa tranquillité d’esprit.
Comprendre les démarches administratives et fiscales à respecter
Avant d’ouvrir votre porte à des vacanciers, mieux vaut baliser chaque étape. La première concerne la déclaration en mairie : il faut remplir un formulaire spécifique (Cerfa n°14004*04) et l’apporter à la mairie du lieu de location. Paris et Marseille, notamment, conditionnent toute location au dépôt de ce dossier pour attribuer le fameux numéro d’enregistrement.
Si le bien n’est pas la résidence principale, il faudra souvent décrocher une autorisation de changement d’usage, parfois assortie d’une obligation de transformation parallèle d’un local commercial en logement d’habitation afin de ne pas « perdre » de résidences classiques au profit du tourisme.
Sur le plan fiscal, le choix du régime pour déclarer les revenus locatifs mérite d’être étudié : le micro-BIC convient jusqu’à 77 700 euros de loyers par an, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Pour ceux qui dépassent ce plafond ou souhaitent une approche plus fine, le régime réel permet de déduire précisément chaque dépense liée à la location. Les meublés classés bénéficient d’un abattement encore plus avantageux, porté à 71 %.
Pour éviter toute mauvaise surprise, voici les principales démarches à effectuer :
- Remplir la déclaration en mairie avec le bon formulaire
- Vérifier si une autorisation de changement d’usage s’impose
- Choisir le régime fiscal adéquat (micro-BIC ou réel) en fonction du montant de vos loyers
- Faire classer son meublé pour bénéficier de conditions fiscales bonifiées
Au moment de la déclaration annuelle, mentionner tous les loyers touchés dans la catégorie des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) évite bien des déconvenues. Respecter la procédure, c’est se garantir un parcours sans incident et préserver son projet locatif sur la durée.
Ressources et conseils pour rester conforme à la réglementation
Déployer une activité de location saisonnière, c’est accepter de jouer sur terrain mouvant. Du texte national aux délibérations communales, chaque règle nouvelle impose un coup d’œil au radar. Les plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel exigent le numéro d’enregistrement sur chaque annonce, sécurisant ainsi bailleurs et voyageurs, mais renforçant le contrôle des collectivités.
Le DPE ne doit jamais être négligé : publier une annonce sans mention de la performance énergétique ou avec un diagnostic périmé, c’est désormais s’exposer à une sanction immédiate, voire à un retrait d’annonce. Mieux vaut anticiper que devoir se justifier après coup.
Pour garder la main et réduire les risques, quelques bonnes pratiques s’imposent :
- Consulter régulièrement les sites officiels pour suivre chaque évolution de la réglementation
- Prendre contact avec le service urbanisme de la mairie en cas de doute sur une règle locale
- Rester attentif aux recommandations et alertes publiées par les fédérations ou regroupements de propriétaires de meublés touristiques
Les bailleurs aguerris ajourent sans relâche leur veille réglementaire. Ils adaptent leur gestion au fil des textes, jonglent avec les procédures et privilégient la réactivité à l’improvisation. Face à la densité croissante des règles encadrant la location saisonnière, maîtriser l’information fait clairement la différence. Ici, rester dans les clous n’est pas un luxe : c’est la seule manière de durer et d’éviter le faux pas qui coûte cher.


