L’index BT47 mesure chaque mois l’évolution du coût des travaux d’installation électrique dans le bâtiment. Publié par l’INSEE, il agrège les variations de prix des câbles, de l’appareillage, de l’énergie et des salaires du secteur. Toute clause de révision de prix adossée à un contrat d’électricité repose sur cet indice, et une erreur de paramétrage suffit à transformer un chantier rentable en litige coûteux.
Changement de structure du BT47 depuis avril 2023 : ce que la base chaînée modifie
Avant d’utiliser le BT47 dans un contrat, il faut comprendre un changement méthodologique récent. Depuis avril 2023, l’INSEE a modifié la structure de pondération de l’indice BT47 et l’a chaînée sur la valeur de mars 2023. Concrètement, l’évolution mensuelle d’avril 2023 a été calculée sur la nouvelle structure, puis appliquée à la valeur de mars 2023 pour obtenir le nouvel indice à 125,1.
Cette rupture méthodologique signifie que les valeurs publiées avant et après cette date ne sont plus directement comparables. Un contrat signé en 2022 avec une valeur de référence antérieure au chaînage ne peut pas être révisé en appliquant mécaniquement un indice post-avril 2023 sans ajustement.
La référence 100 du BT47 correspond à l’année 2010. Une valeur de 135,1 traduit donc une hausse de 35,1 % du coût des travaux d’électricité depuis cette année de base. La valeur d’avril 2026 (BT47 à 134,4) a été publiée le 14 juin 2026, avec un décalage habituel d’environ deux mois entre la période mesurée et la date de mise en ligne sur le site de l’INSEE.

Formule de révision de prix BT47 : les paramètres à verrouiller dans le contrat
La clause de révision repose sur une formule qui rapporte la valeur du BT47 au moment de l’exécution des travaux à sa valeur à la date de référence du contrat. Le résultat, appliqué au montant initial, donne le prix révisé. Trois paramètres doivent être fixés sans ambiguïté au moment de la signature.
- La date de référence : c’est la valeur du BT47 qui sert de point de départ au calcul. Elle est généralement fixée au mois du devis ou de la signature. Si elle n’est pas précisée, chaque partie peut revendiquer un mois différent, ce qui ouvre la porte à un désaccord chiffré.
- La date d’exécution : c’est la valeur du BT47 correspondant au mois où les travaux sont réellement réalisés. Pour les chantiers longs, la clause doit préciser si la révision porte sur un mois unique ou sur une moyenne des mois d’exécution.
- Le périmètre d’application : la clause doit indiquer si la révision couvre la totalité du montant (fournitures et main-d’œuvre) ou seulement une fraction. Certains contrats excluent la marge bénéficiaire de l’assiette révisable.
Un contrat qui mentionne « prix révisable selon l’indice BT47 » sans préciser ces trois paramètres ne protège personne. En cas de litige, l’absence de date de référence rend la clause inapplicable.
Actualisation et révision de prix : deux mécanismes que le BT47 peut servir
Le BT47 intervient dans deux mécanismes distincts, souvent confondus. L’actualisation ajuste le prix entre la date du devis et le démarrage effectif du chantier. Elle compense le délai administratif ou commercial pendant lequel aucun travail n’est réalisé, mais les coûts évoluent.
La révision, elle, s’applique pendant l’exécution des travaux. Elle suit mois par mois (ou situation par situation) l’évolution de l’indice entre la date de référence et la période de réalisation. Sur un chantier d’électricité de plusieurs mois, la différence entre les deux mécanismes peut représenter un écart significatif.
Un contrat bien rédigé distingue les deux. Un contrat mal rédigé fusionne actualisation et révision dans une seule clause floue, ce qui complique tout recalcul en cas de retard de chantier.
Impact du décalage de publication sur les situations de travaux
L’INSEE publie le BT47 avec environ deux mois de décalage. La valeur de janvier n’est disponible qu’en mars ou avril. Ce délai crée un problème pratique : au moment d’établir une situation de travaux, la dernière valeur connue du BT47 est rarement celle du mois en cours.
Deux approches existent. La première consiste à utiliser le dernier indice publié au moment de la facturation, quitte à régulariser ensuite. La seconde fixe contractuellement que la révision sera calculée sur l’indice du mois d’exécution, même s’il est publié après le paiement. La clause doit préciser laquelle des deux méthodes s’applique.

Marché public ou contrat privé : le BT47 ne se sécurise pas de la même façon
En marché public, la révision de prix est encadrée par le Code de la commande publique. Les acheteurs publics sont tenus d’insérer une clause de révision dans les marchés d’une certaine durée. Le choix de l’index (BT47 pour les lots électricité) et la formule sont définis dans le cahier des clauses administratives particulières.
En contrat privé, aucune obligation légale n’impose de clause de révision. Un devis signé sans clause de révision fige le prix définitivement. Si le chantier s’étale sur plusieurs mois et que le cuivre ou les salaires augmentent, l’entreprise absorbe la hausse. Le maître d’ouvrage, lui, n’a aucune obligation de renégocier.
Cette asymétrie explique pourquoi la rédaction de la clause est plus critique en marché privé. L’entreprise qui omet de proposer une clause de révision adossée au BT47 prend un risque financier proportionnel à la durée du chantier.
Vérifier la valeur du BT47 avant de l’utiliser
La valeur officielle du BT47 se consulte sur le site de l’INSEE, dans la rubrique des index Bâtiment, Travaux publics et divers de la construction. Chaque publication mensuelle présente un tableau avec l’ensemble des index BT, dont le BT47 « Électricité (clos) ».
- Vérifier que la valeur relevée correspond bien au BT47 et non à un autre index BT (le BT46 couvre le chauffage, le BT48 la plomberie sanitaire).
- Confirmer que le mois de l’indice correspond à la période contractuelle visée, pas au mois de publication.
- Conserver une copie horodatée de la page INSEE utilisée, pour disposer d’une preuve en cas de contestation ultérieure.
Le BT47 reste un outil fiable à condition de respecter sa logique de construction. Un contrat qui fixe clairement la date de référence, distingue actualisation et révision, et tient compte du décalage de publication couvre la grande majorité des risques liés aux variations de coûts sur un lot électricité.

